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Festival
de Basant - Lahore / Pakistan
Le vol endiablé des cerfs-volants
lors du Sacre du Printemps
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Dimanche 6 Février 2005
version
anglaise
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Défiant
une nuit fraîche, un crachin glacial et les réprimandes
des mollahs, les Pakistanais ont décidé de fêter
le retour du printemps lors d'un week-end très festif : les
adultes ne pensent qu'à faire voler leurs cerfs-volants dans
le ciel, les enfants restent éveillés jusqu'à
l'aube et les femmes, toutes vêtues tout de couleur orangée
se divertissent sur les toits.
Même les oiseaux ont semblé renoncer à leurs vols
ordinaires, restant à côté de centaines de milliers
de cerfs-volants de toutes les couleurs. Sur les toits de la vieille
ville comme dans les fermes les plus riches, la fête dure jour
et nuit. Dimanche soir, le muezzin a dû faire son appel à
la prière accompagné du son des éclats de pétards.
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Basant,
la version "carnaval" de Lahore, est arrivé. "C'est
un moment où tu peux te sentir libre et t'amuser"
explique Zaheer Alam, 22 ans, un universitaire qui vient de Rawalpindi,
quatre heures de route, pour faire voler ces cerfs-volants dans cet
endroit fabuleux.
Autour de lui, un groupe de garçons armés de branches
bataillent pour saisir un cerf-volant abandonné. "Nous
avons une passion pour le cerf-volant" raconte Qamar Hassan.
Les yeux rivés vers son cerf-volant qui monte haut dans le
ciel de ce dimanche matin un peu gris, il est impatient de couper
le fil d'un cerf-volant adverse avant que son propre cerf-volant ne
touche le sol. Lui et ses amis ont combattu jusqu'à 5 heures
du matin. Ils ne pensent même plus à dormir. En milieu
d'après-midi, un déluge a raison des plus robustes.
Par milliers, les cerfs-volants vaincus pendent mollement aux arbres. |
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Bien
avant que le Pakistan et l'Inde ne soient coupés en deux, Basant,
dont la racine en Sanskrit signifie 'Printemps', a été
célébré à travers tout le Pendjab et nulle
part plus qu'ici. Quand la séparation entre l'Inde et le Pakistan
a coupé le Pendjab en deux, Basant est resté du coté
de Lahore, non pas sans détracteurs.
Pendant des années, les Islamistes ont dénoncé
Basant comme festival Indou. Même cette année, une pétition
a été portée devant le tribunal pour essayer
de suspendre les célébrations de Basant, raison évoquée
: elles sont non-Islamiques. La cour a rejeté cette plainte.
Pour ses partisans, Basant, qui est également célébré
par les Punjabis d'Inde, offre une chance de montrer un Pakistan plus
libre. "Basant est l'antidote parfait à
ceux qui pensent que le Pakistan est un pays fondamentaliste"
dit Feisal Naqvi, un avocat de Lahore. |
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Mais
Basant se révèle aussi comme dangereux.
Les lignes en métal utilisées par beaucoup de cerfs-volistes
sont connues pour avoir détruit des lignes électriques
et tranché des gorges de spectateurs, et le week-end de Basant
est réputé pour ces coupures électriques générales
et de nombreux accidents à travers la ville.
Saqi Shazada, un fabricant de ligne de cerf-volant, a indiqué
que sa corde était si mince qu'elle ne pourrait probablement
pas trancher des gorges. Avant lui, les artisans enduisaient leurs
lignes d'une pâte de verre pilé : plus le verre est
fin, plus il est mortel contre ses rivaux dans le ciel.
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Quant
aux mollahs qui réprimandent les fêtards de Basant contre
une activité non-Islamique, M. Shazada répond :"Qu'est-ce
qui est non-Islamique dans Basant ? nous avons juste du plaisir à
nous retrouver avec nos familles."
"Ca fait partie de nous au Penjab" déclarent
Waqar Ashraf, son frère et un vendeur de cerf-volant. "C'est
comme manger le 'roti' " (plat de base des Punjabis)
Un client, Hammad Hassan, admet être d'accord avec les objections
des mollahs. Puis, en regardant les deux rouleaux de fil qu'il vient
juste d'acheter, il dit timidement, "mais
c'est juste pour un jour."
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L'Agence
France-Presse a rapporté 13 décès liés
au festival de Basant ce week-end. Parmi les victimes, deux personnes
ont été heurtées par une voiture alors qu'elles
couraient après un cerf-volant abandonné.
Les reporteurs du 'Pakistan Times' décrivent les terribles
incidents de ces dernières 24 heures : presque 20 personnes
ont perdu leurs vies et plus de 500 blessés dont certains d'entre
d'eux sont dans un état critique dans les hopitaux de Lahore. |
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Malheureusement,
la plupart des victimes sont des enfants, qui ont succombé
à leurs blessures, infligées par les lignes mortelles
employées pour les combats de cerfs-volants. Pourtant l'utilisation
d'un tel fil a été interdite par les autorités.
Sept personnes ont été écrasées alors
qu'elles essayaient d'attraper des cerfs-volants abandonnés,
six autres sont mortes après être tombées des
toits de leurs maisons, deux adolescents, des garçons, sont
morts de balles perdues lors d'incidents à Gowalmandi, un garçon
de 7 ans a été électrocuté et une fillette
de quatre ans égorgée par une ficelle coupante de cerf-volant.
Au moins 500 blessés pour des causes identiques. Cependant
un grand nombre ont été atteints par des balles perdues,
comme ces 54 personnes sur les 180 blessés soignés à
l'hôpital de Mayo.
Tandis que l'utilisation de la ficelle en métal a occasionnée
des coupures de courant tout au long de la journée, elle a
également été la cause de décès
dans certains cas. Deux enfants ont été électrocutés
quand la ficelle en métal a touché des câbles
électriques.
Des rescapés ont déclaré que les ficelles leur
avaient entaillé la gorge alors qu'ils circulaient en moto. |
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enfants et adolescents ont été admis dans les services
de neurochirurgie et aux départements orthopédiques
du Lahore General Hospital, dans la soirée de dimanche. Les
médecins ont déclaré que la plupart des personnes
avaient des membres cassés dû à leurs chutes des
toits. |
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